Ah ces mordillements...

    D'expérience, la question du mordillement est toujours dans le top trois des interrogations des nouveaux propriétaires de chiots. « C'est normal, c'est un bébé ? », « Cela va passer avec le temps ? », « Est-ce qu'il faut réagir ? », « parce qu'il fait mal, quand même... », « Je dis non, mais ça ne sert à rien... », autant de doutes à ce sujet que nous allons essayer d'éclaircir pour trouver comment agir.

    Si vous êtes un peu en froid avec la lecture, vous pouvez vous rendre directement au tableau ci-dessous pour avoir accès aux solutions possibles concernant le mordillement sur l'humain. Prenez également le temps de lire la toute fin de l'article également. Pour les autres, commençons par le commencement ;)

 

    Un chiot mordille, oui, et c'est normal. C'est presque un passage obligé. Comme un petit enfant touche à tout et porte à la bouche, le chiot met tout en gueule pour découvrir le monde – pas de chance, vos mains et vos affaires en font partie.

    La fréquence et l'intensité des mordillements sont liés à plusieurs facteurs qui s'additionnent. Certains ne dépendent pas de vous ou très indirectement :

  • le travail de la mère des chiots à l'élevage. Si elle a été suffisamment présente, de un. Car certains élevages séparent beaucoup (trop) les petits, passées quelques semaines, pour que la mère « se repose ». et sous prétexte qu’ils sont sevrés. Sauf que ce n’est pas parce qu’un chiot est capable de manger des croquettes (ou autre chose) qu’il n’a plus besoin de sa mère ! Evidemment, cette dernière ne peut être au contact des petits non-stop ; elle ne les supporterait plus, à force. Mais les chiots doivent être régulés par un adulte dans leurs interactions et le fait de vivre seulement entre eux, des heures durant tous les jours, est néfaste, tant pour les plus timides, qui se feront persécutés par leurs frères et deviendront craintifs et renfermés, que pour les plus brutes qui n'auront jamais été recadrés et n'auront pas appris à céder dans le conflit – ce qui peut être dangereux face à un adulte inconnu ou jeune chien plus fort qu'eux – et assez problématique pendant l’éducation. Parfois, la mère est bel et bien physiquement présente mais trop laxiste ; elle ne remplit pas assez efficacement son rôle de régulateur et si un autre adulte ne le fait pas pour elle, c'est comme si les chiots étaient laissés livrés à eux-mêmes. Dans ces cas de figure, vous pouvez également vous retrouver avec la « petite brute » qui n'a jamais pu apprendre à communiquer correctement et s'arrêter à temps. Ce chiot insiste, malgré vos « non » qui semblent le motiver plus que le décourager : il n’a jamais appris la frustration.

  • Le travail des éleveurs. Un chiot peut avoir appris à respecter sa mère et des chiens adultes, s'il a eu des contacts suffisants et efficaces avec eux, mais ne pas gérer ses mordillements sur l'humain. Comme nous l'avons dit dans l'article Choisir son chiot, un bon éleveur manipule les petits, vit avec eux au quotidien, et donc rencontre lui aussi le problème des dents pointues sur ses mains ou ses vêtements. Normalement, il contribue à réduire grandement ce phénomène, voire l'élimine.

  • Le tempérament du chiot comme individu. C'est un fait, certains mordillent plus que d'autres. Les plus curieux, les plus exubérants, les plus joueurs. Nagg, ma jack russell, n'a jamais cherché à mordiller mes mains ou mes affaires. C'est en partie parce que le travail de ses éleveurs en amont a été de qualité ; pourtant, certains autres chiots de la portée étaient plus enclins à user de leurs petits crocs (j'étais et suis encore en contact avec la propriétaire de son frère, Meiko, et il a fallu s'armer de patience pour lui faire perdre cette habitude). Ils ont eu la même éducation canine et humaine pour un résultat – à l'arrivée des chiots dans leur nouveau foyer – différent.

     Il y a aussi des facteurs vous concernant plus directement :

  • Votre tempérament propre. Combien de fois entend-on « il ne mordille pas mon mari, mais moi, je n'arrive pas à lui faire comprendre », par exemple ? Souvent les hommes, avec leur voix plus forte, parviennent plus tôt à être respecté sur ce point. Mais ce n'est pas une norme ; j'ai connu des couples où le chien était nettement plus réceptif aux indications, positives ou négatives, de la femme. C'est quelque chose qui ne s'explique pas forcément ; certaines personnes ont un charme que tout le monde leur accorde, non ? Eh bien, à l'échelle canine, certains ont la chance d'avoir naturellement plus de prestance et souffrent logiquement moins de ce problème de mordillements. C'est aussi valable entre chiens : pour vous reprendre un exemple personnel, si Nagg ne mordillait rien en lien avec moi, elle se suspendait allègrement au cou de Djuna, ma golden, qui accusait les assauts car ses menaces ont très vite été ignorées. En revanche, la petite Tarzan en herbe ne se serait pas amusée à faire de même avec Guenji ; elle l'a toujours beaucoup plus respectée. Au passage, je vous préciserai que mes deux chiennes mises en contact avec Ness (voir la page de mes clients) à deux mois avait déclenché des réactions similaires du chiot : cabrioles devant Djuna, immobilisation et postures plus basses devant Guenji. Elles n'ont tout simplement et visiblement pas la même « aura ».

  • L'environnement trop – ou trop peu – stimulant que vous offrez à votre chiot. J'entends par « trop » les tapis à frange qu'on a laissés, les plantes en pot au sol, les livres et magazines à portée, les chaussures et les jouets des enfants qui traînent partout etc., le tout, en accès libre, constamment. Dans ces cas-là, si le chiot ne vous mordille pas vous, il y a des chances qu'il trouve de quoi faire sur votre intérieur ^^ A l'inverse, un chiot qui ne trouve rien à mordiller dans son espace de vie, s'il est vif et joueur, aura des chances de redoubler d'efforts pour atteindre vos mains, vos jeans ou vos tee-shirts...

 

     Maintenant que « l'état des lieux » est présenté, occupons-nous de résoudre ledit problème.

    D'abord, ne misez pas sur le fait que c'est un comportement juvénile qui s'estompera avec l'âge. Un chiot qui n'a pas appris à contrôler l'usage de sa gueule avec les humains – et leur environnement – ne cessera jamais de communiquer avec les dents.

    Dans un premier temps, il s'agit de différencier deux cas : les mordillements sur objets vous appartenant et ceux que vous subissez personnellement.

 

Mordillements sur objets

    Nous l'avons rapidement évoqué plus haut, ils sont dus à la volonté de découvrir l'environnement – et de s'occuper. Commencez par retirer un maximum de choses attirantes pour les mettre hors de portée (chaussures, panières à linge ouvertes, tapis... mais aussi télécommandes, téléphones, paquets de cigarettes... car nos chiots aiment s'attaquer aux objets qui leur font « concurrence »). Rassurez-vous, ce ne sera que temporaire ; il faut simplement que le chiot apprenne à ne pas toucher à tout et c'est bien plus simple pour lui s'il n'est pas stimulé par toutes vos affaires lui tendant les bras. Quelques semaines ou mois plus tard, vous pourrez tout remettre en place sans que votre loustic ne vous chaparde ou abîme tout. Je vous conseille parallèlement d'apprendre à votre petit bout à abandonner une prise sur commande, en positif, bien entendu. Pour cela, vous pouvez vous rendre sur la page de l'article concernant l'apprentissage du "tu laisses".

    Attention : il faut cependant que l'environnement reste enrichissant. C'est un besoin que le chiot a, d'explorer, de mâchonner. Offrez lui donc des objets sur lesquels il a le droit de combler son besoin masticatoire. Il existe un tas de jouets solides qu'on peut remplir de friandises, comme les Kong. Un peu de petit suisse ou de fromage fondu, congelé quand il fait chaud ou pour que le jeu dure davantage, et c'est parti ! Vous pouvez aussi vous munir de friandises naturelles comme les oreilles de porc ou, plus solides encore, les sabots de veau, corne de buffle, bois de cerf etc. Vous trouverez un large choix de chews pour les occuper intelligemment dans cet article. Si votre chiot dispose d'objets accessibles et goûteux, il n'aura aucune raison de se défouler sur vos affaires, a priori moins appétentes.

 

Mordillements sur humain

    Là encore, un tas d'options s'offre à vous – bonne nouvelle, n'est-ce pas ? Le tout, c'est de trouver celle qui fonctionnera sur votre compagnon. Désolée, pas de remède universel contre le mordillement ! (c'était la mauvaise nouvelle). Pour vous aider malgré tout, je vous ai répertorié des solutions dans un tableau, selon un barème d'efficacité basé sur mes expériences personnelles et en école du chiot :

     Les plus (+) et les moins (-) représentent le degré d'efficacité de la pratique, « +++ » indiquant le plus haut niveau d'efficacité tandis que « --- » symbolise les plus gros dégâts risqués au niveau du chiot ou de sa réaction vis-à-vis de l'intervenant. Le 0 est neutre, sans impact particulier, donc inefficace.

 

  • (1) Imiter le chiot revient à pousser un petit cri aigu de douleur et à cesser d'interagir immédiatement. Pour moi, ce n'est clairement pas la solution idéale car, à moins d'avoir un petit poilu très calme et sensible dans son approche des autres, le chiot n'est nullement impacté, ou en termes négatifs (observation de réactions de peur, de retranchement sur chiots sensibles, jusqu'à l'extrême inverse sur chiots mal socialisés : intensification des morsures).

  • (2) Imiter la mère revient à gronder/grogner, de façon crédible, en se penchant sur le chiot pour le pousser à s'aplatir de lui-même. Il faut faire vibrer la gorge dans les graves pour produire le son sourd de la menace. Mon ami faisait cela avec sa jack russell et contre toute attente, elle qui se fichait des « non » et de punitions diverses – plus exactement, elle arrêtait le comportement non désiré pour le reprendre dans les deux secondes – se calmait immédiatement en remuant doucement sa queue, portée basse ; et en présentant sa gorge à notre bouche. Ce comportement de votre part n'aura de sens et d'impact que si le chiot a été correctement élevé par un ou des chiens, évidemment, et si vous le poursuivez vous-même dès l'arrivée du chiot chez vous.

  • (3) Pour ignorer le comportement du chiot, cessez simplement d'interagir : que vous le câliniez ou jouiez, vous vous relevez et passez à autre chose pendant une ou deux minutes, avant de retourner vers lui. Normalement, le chiot associe ce « rejet » à ses mordillements et cesse progressivement, son attitude n'étant pas intéressante pour lui. C'est une méthode neutre et efficace, si votre chiot n'est pas trop en demande d'attention, joueur ou exubérant. ​Dans les faits, elle serait tout de même efficiente sur ce type de chiot, mais ce dernier est parfois si brutal qu'il fait décidément trop mal pour que l'humain accepte de laisser au comportement le temps de s'éteindre.

  • (4) J'entends pas contraindre le chiot dans les bras le fait de le porter, dos vers le sol, d'ignorer ses éventuelles réactions négatives et patienter jusqu'à ce qu'il se calme. Il ne faut pas céder, le chiot doit se tenir presque immobile avant que vous le déposiez. Ce serait le pendant doux au fait de forcer le chien à se coucher ou à rouler sur le dos, comme l'obligeait à faire sa mère en cas de mauvais comportement. Un apprentissage du « stop » maternel version humaine, si vous voulez. C'est plutôt une option à tenter sur un chiot bien socialisé, ayant les codes. Si ce n'est pas le cas, c'est un peu tout ou rien ; vous risquez de faire paniquer un chiot sensible et d'agacer un peu plus un chiot de plus fort caractère.

  • (5) Après un premier avertissement vocalement neutre, un « non » ou « hé » ferme, assez fort, intervenant au bon moment, accompagné d'un arrêt d'interaction, est logiquement efficace, sauf si vous avez le « non » facile et que vous avez pris l'habitude de le dire trop bas et trop souvent. Si vous êtes d'un naturel trop doux pour gronder de façon crédible, c'est-à-dire en signifiant clairement par votre voix et votre corps que ce comportement n'est pas permis, il vaut mieux essayer une autre approche.

  • (6) L'isolement est clairement ma méthode favorite, surtout sur les chiots particulièrement excitables, vus comme des fortes têtes, lesquels ont tendance à monter en pression à mesure que l'on s'agace et à mordiller d'autant plus. Quand vous sentez les dents, vous dites calmement « non » et portez votre chiot dans un endroit isolé. Choisissez de préférence une petite pièce que personne ne risque d'ouvrir entre temps et qui ne regorge pas de choses à découvrir – entendez : à mâchonner. Parce qu'un chiot puni devient facilement un chiot frustré, surtout les plus forts caractères ou les profils nerveux, et ceux-ci vont chercher à se détendre en goûtant à ce qu'ils trouveront sur place. Lui laisser un objet à lui sur lequel il pourra éventuellement faire retomber la pression serait en revanche judicieux. Surtout, ne laissez pas votre boule de poils enfermée trop longtemps : cela n'a pas de sens en terme canin et peut même s'avérer négatif pour lui comme pour vous. Je vous dresse le tableau : vous « oubliez » votre chiot, alors, trouvant le temps long, il va se mettre à pleurer ou à gratter doucement la porte, ce qui vous incitera à l'ouvrir – depuis le temps qu'il est là, le pauvre ! ERREUR. Surtout, n'ouvrez pas tant que vous entendez chouiner ou gratter, au risque de motiver ces comportements que, je pense, vous n'apprécierez pas longtemps ^^ Donc quand on isole, c'est une ou deux minutes et on rouvre, si le chiot est calme seulement. S'il râle dès le début, vous pouvez rester derrière la porte et dire « non », de façon neutre. Vous guettez quelques secondes de calme et vous ouvrez, qu'il comprenne que s'agacer est improductif. L'envoi au panier/à la caisse est possible, mais le principe reste le même : le chiot ne doit pas en sortir avant votre feu vert.

 

     /!\ L'isolement peut frustrer dangereusement certains individus et aggraver le problème si vous ne travaillez pas en parallèle sur des comportements calmes et une vraie stabilité émotionnelle.

  • (7) Faire que le chiot morde lui-même sa babine... cette méthode ne plaît guère aux partisans de l'éducation positive - mais l'emploi du "non" n'est pas plus plébiscité cela dit. Pourtant, même si elle est loin d'être ma préférée, elle reste utile dans certains cas. Malheureusement, certains individus – notamment en cas de carences éducatives en élevage – auront besoin de comprendre que mordre, c'est douloureux, pour les deux parties. Pour procéder efficacement, suivez cette démarche : dès que vous sentez les dents, vous attrapez la mâchoire inférieure d'une main, par en dessous, et appuyez la babine sur les dents du fond, jusqu'à entendre un petit couinement. Attention, cela fonctionnera si vous êtes rapides seulement ; le but est que le chien associe son mordillement à votre pincement de sa babine sur ses dents. Si vous êtes trop long à réagir ou à vous saisir de la mâchoire, cela n'aura plus de sens pour le chiot qui ne pourra pas établir ce rapport entre ses mordillements et vos agissements. Je vous conseille d'essayer les autres options avant d'en venir à celle-ci ; il est probable qu'une autre convienne parfaitement.

Petite note sur la méthode et le nombre de "+" pour les chiots caractériels et mal socialisés : elle est souvent payante mais il arrive, notamment sur un chiot facilement excité et frustré, qu'il revienne à la charge et qu'on doive répéter une opération qui ne participe pas vraiment à la création d'un lien positif à l'humain... Donc à adapter à l'individu, toujours...

Illustration de la méthode (7) avec Nagg

Les doigts font rentrer la babine pour la poser sur les molaires (un chien adulte ne peut y être sensible ; ce sont les dents de lait du chiot qui piquent et le font renoncer à mordiller, avec le temps). Surtout bien appliquer la pression sur la mâchoire du bas ; si vous le faites sur celle du haut – ce qui est plus simple, certes – vous risquez de vous faire pincer car c'est la mâchoire du bas qui est mobile.

  • (8) Récupérez un vaporisateur pour plantes et faites un mélange d'eau et de vinaigre de cidre (non dangereux et même répulsif de certains insectes). L'idée est de le garder à portée et de répondre aux mordillements de demande d'interaction non voulue par un pshit (ou plusieurs de suite sur un intervalle de temps court) au dessus de la tête. L'odeur forte et déplaisante sanctionne le comportement sans que vous ayez besoin d'interagir réellement avec le chiot - et le méchant de l'histoire, c'est le vaporisateur, pas vous. Donc la majorité du temps, c'est une technique efficace car elle permet de rester très neutre et de ne pas renforcer les mauvaises demandes du chiot en interagissant avec lui.

     Au besoin, vous pouvez ajouter une ou plusieurs huiles essentielles au mélange, pour renforcer l'odeur peu appréciée.

  • (9) La redirection fait consensus en éducation positive. Le chiot mordille, donc je lui propose un jouet, plus approprié à l'action. Ou bien je jette une poignée de croquettes par terre pour le détourner de ma main. Sur le papier, cela semble idyllique. Je ne la conseille pas pour ma part car elle n'est bénéfique, à mon sens, que pour un type de mordillements qui, je crois, ne sont pas majoritaires. Effectivement, si le chiot attrape les doigts par besoin de mordiller quelque chose, quand vous faites un câlin par exemple, pas de souci : on doit pouvoir lui proposer quelque chose à mettre en gueule à la place. De même, dans une phase de jeu, s'il entre en contact avec la peau, il faut le rediriger sur le jouet (et lui apprendre à respecter la main qui le tient). En revanche, quand le chiot vous chope les chevilles ou votre pantalon alors que vous ne vous occupiez pas de lui, quand il s'élance vers vos mains alors que vous étiez simplement assis sur le canapé avec un bouquin, rediriger c'est, d'une façon ou d'une autre, fournir une forme d'attention en répondant (positivement) à l'assaut. Le chiot peut donc apprendre : si je veux un jouet/des croquettes, je n'ai qu'à mordre. Et là, on risque clairement d'envenimer la situation. Il faut donc être sûr que le chiot ne recherchait pas notre attention avant de rediriger.

    Ce tableau et la synthèse de son contenu sont forcément un peu simplistes. J'ai dû catégoriser des types de chiots, afin de vous guider vers des attitudes possiblement adaptées, mais gardez à l'esprit que vous avez un individu propre que vous devez apprendre à cerner, si votre éleveur ne vous a pas suffisamment guidé.

   J'ai également scinder les différentes méthodes, or elles peuvent s'additionner. Personnellement, j'aime prévenir d'un petit « non » avant de passer à la sanction (je ne parle pas de violence physique mais des autres solutions proposées, le fait d'ignorer pouvait être une vraie punition) et j'ai des attitudes différentes en fonction de l'âge de l'individu, de son caractère et des moyens à disposition :

  • pour un chiot de deux mois environ, je dis « non », doucement, en dégageant avec délicatesse le chiot de sa prise par la peau du cou. S'il insiste, je le renverse sur le dos et l'immobilise dans mes bras quelques instants, le temps qu'il se calme. S'il insiste encore après cette manipulation, je l'isole un moment.

  • Pour un chiot plus âgé ou volumineux, je procède de la même façon mais hausse le ton en cas d'insistance, si le caractère du chiot le permet bien sûr, puis, si c'est inefficace, j'isole ou fait se mordiller le chiot – si je n'ai pas de moyen d'isoler.

 

    Vous l'aurez compris, aucune méthode n'est « la bonne » ou révolutionnaire ; c'est à vous d'essayer les différentes possibilités, de composer avec votre tempérament et celui de votre chiot. Pensez tout de même que le souci ne peut se régler en un jour à peine et qu'une méthode doit être appliquée sur plusieurs jours pour jauger son impact sur votre animal. Vous aurez aussi remarqué qu'un plus grand nombre de méthodes est applicable et efficace sur des chiots correctement socialisés, voilà pourquoi - entre autres raisons - il faut favoriser des élevages compétents et soucieux de l'éducation de leurs chiots.

    Et si vous ne parvenez pas à cerner le caractère de votre compagnon et à adapter votre attitude, la visite d'un éducateur peut être une bonne idée :)

ATTENTION

    Les mordillements sur humains ne sont clairement pas à prendre à la légère. Ils doivent s’éteindre rapidement ou au moins s'atténuer après que vous aurez récupéré votre boule de poils, en quelques jours seulement. En aucun cas vous ne devriez vous laisser dépasser par la situation ; un chiot qui continue à la même intensité voire se montre encore plus pressant une semaine après votre intervention sur ses mordillements est un vrai problème.

     Alors je sais, l’école du positif dit qu’il faut du temps, de la patience ; qu’à force d’ignorer, le chiot comprendra que son action est inefficace. C'est la vérité, encore faut-il ignorer pour de vrai, n'avoir aucune réaction, aucun regard, rien. Et quand ça fait mal... peu de personnes savent ne pas réagir. Est-ce normal que d'accepter cela, d'ailleurs ? C'est un autre débat mais un congénère ayant eu mal le manifesterait, en couinant et fuyant s'il ne se sentait pas légitime pour répondre, ou s'il était extrêmement tolérant, en grognant ou en claquant des dents près du chiot s'il est plus âgé/moins tolérant.

     Personnellement, ça ne me convient pas d’attendre des mois pour observer des progrès et, d’expérience, cela peut dégénérer assez rapidement si on laisse traîner. Si vous ne vous voyez pas avec un chiot de quatre ou cinq mois suspendu à vos habits voire à votre bras, qui vous mordra réellement lorsque vous essaierai de vous dégager ou de le punir, il faut agir, tôt et vite.

    Oui, je suis pour un apprentissage en douceur et avec un maximum de positivité pour le chien. Mais dans le cas des mordillements – et de toute autre problématique sociale, dans le rapport chien/humain sans visée de « dressage » j’entends – j’estime que l’humain est en droit de réagir comme un chien adulte le ferait et de ne pas seulement subir la chose en attendant que cela se calme. En l’occurrence, comme je l'esquissais plus haut, un chiot qui fait mal (ou qui serait simplement impoli dans ses approches et demandes d’attention) se ferait assez rapidement gronder). Et TERMINE, tout le monde pourrait vivre en harmonie ensuite, simplement parce que le petit aurait immédiatement intégré ou était la limite, sans accuser de montées de tension régulières en amont. Alors je ne vous dis pas d’en coller une au chiot, ça non. Mais exprimer clairement votre mécontentement, franco, dès le début – sauf sur un chiot sensible, évidemment – pourrait vous épargner des semaines, peut-être des mois de galère. Et finalement, est-ce que ce ne serait pas mieux pour le chien également ? Est-ce qu’un seul recadrage ne vaut pas mieux que des frustrations répétées qui amèneront probablement à de réels agacements des deux parties ?

    Et si en voulant initialement vous en tenir à la carte du positif vous deviez, en fin de compte, vous résoudre à être plus « violent » (dans vos gestes, la fréquence de vos punitions, les frustrations engendrées qui sont bel et bien un mal-être) avec un jeune chien de cinq mois devenu ingérable que vous ne l’auriez jamais été avec un chiot de deux ?

    Faire peur une fois et, oui, déroger à la règle du positif, mais être en paix avec son chiot pour de bon ensuite ou bien tenir le cap et possiblement être prisonnier d’un bras de fer, peut-être pendant des mois, avec la fatigue émotionnelle que cela implique pour l’humain et le chiot ?

    Tous n’auront pas besoin de cette sévérité. Au compteur, j’ai un berger allemand, un golden, un croisé beauceron, deux jacks et je n’ai jamais eu à recadrer sévèrement des mordillements. Parce qu’il faut également travailler sur les émotions du chiot, afin de lui apporter de la stabilité et de la confiance, et lui enseigner le respect de l'humain, tout en respectant soi-même ses besoins de chien. Avec ce cadre, essentiel à une entente harmonieuse, le chiot sera nettement moins enclin à mordiller car il ne sera pas exposé à une excitation régulière.

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